À qui profitent les richesses de l’Algérie?

militaires algériens

N’attendez rien de bon d’un pays gouverné par une grande muette. La logique sécuritaire des militaires est incompatible avec la gestion de la vie civile. Obéir aux ordres sans brancher est l’essence même de l’armée, ce qui porte préjudice aux libertés individuelles basées sur la dialectique du dialogue et l’échange des points du vue pour aller vers un consensus et une paix sociale qui renforce progrès et croissance économique.

Alors, quand une junte militaire muselle un pays comme l’Algérie et l’étouffe par ses services de renseignements et ses polices militaires et ce, pour profiter à loisirs de ses richesses gazeuses et pétrolières, qu’est-ce qu’on obtient? Tout simplement une aristocratie galonnée qui vit dans des villas feutrées et conduit des voitures dernières séries, tout en profitant de ses comptes off-shore bien garnis au grand dam d’un peuple affamé et désœuvré dont la jeunesse s’immole par le feu faute de trouver un emploi qui lui garantit dignité et respect de soi-même et des autres.

Le vénézuélien Hugo Chávez a commis l’erreur de distribuer au peuple, en argent comptant, les bolivars de la magne pétrolière ce qui a accoutumé ses citoyens à l’aumône et au laxisme. Il a oublié qu’il valait mieux leur acheter une canne à pêche au lieu de leur distribuer du poisson gratis et quand les prix du pétrole ont chuté ce sont grèves et manifestations dignes d’une guerre civile dont souffre le Venezuela de Nicolás Maduro. Les grands pétroliers du golf se sont révélés plus malins de ce que pensaient la plupart de leurs rivaux : ils ont investi une part de leurs exportations d’or noir en fonds souverains qui circulent de par le monde et leurs génèrent des profits colossaux les protégeant des mauvaises fluctuations du marché et leurs assurant une transition énergétique et économique loin de l’emprise des énergies fossiles destructeurs de l’environnement.

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Qu’est-ce qu’ils ont fait les gradés algériens ? Ils n’ont ni distribué les dollars qui coulent à flot du sol algérien, ni construit une économie dynamique génératrice de richesses et d’emploi. Ils ont emboîté le pas à Houari Boumédiène en important de l’aiguille jusqu’à la voiture : une économie de grossistes et intermédiaires où la corruption et l’évasion fiscale font des ravages ce qui a engloutit les deux cents milliards de bénéfices accumulées quand le prix du baril chantait les cent dollars au hit-parade boursier. Maintenant, qu’il s’est dégringolé à son bas prix, il ne reste aux algériens que le tonneau de Diogène pour s’y abriter et méditer un peu sur le sort de leur pays qui a les moyens de devenir une autre Malaisie s’il avait des dirigeants intègres comme Mahathir bin Mohamad qui a propulsé son pays au rang des grandes nations et s’en est allé sans demander ni lauriers ni indemnisation. Quelles sont rares ces grandes âmes !

Les militaires algériens n’ont trouvé comme meilleur technique pour maîtriser le pays et maintenir une cohésion sociale fragile que d’appliquer l’art de la guerre de Sun Tzu et surtout la stratégie qui stipule que pour contenir une crise interne, il n’y a pas mieux, pour occuper les têtes et les esprits mécontents, que de créer, de toute pièce, une crise externe aussi fallacieuse que trompeuse. Alors, ils ont profité de la question des frontières avec leur voisin marocain, laissée en suspend par les colonialistes français quand ils ont remballé leurs bagages, et ils ont endossé, de mauvaise foi, le rôle du libérateur des peuples opprimés comme celui de la prétendue République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) dont l’ancien chef n’est qu’un Marrakchi de pure souche et qui se proclamait sahraoui, enlevant et séquestrant les marocains dans les camps de concentration de Tindouf où ils subissent les pires humiliations, alors que monsieur Abdelaziz voyageait en première classe d’un pays à l’autre pour mendier, en leur nom, les aides et les soutiens qu’il partageait avec ses terroristes mercenaires. 

« Les militaires algériens n’ont trouvé comme meilleur technique pour maîtriser le pays (…) que de créer, de toute pièce, une crise externe aussi fallacieuse que trompeuse »

L’offensive marocaine en Afrique subsaharienne a était une réussite tant sur le plan diplomatique qu’économique. Le Maroc a apporté des projets concerts dans domaines diversifiés comme l’agriculture, l’industrie, la santé, l’éducation et la formation religieuse, ce qui a irrité grandement nos voisins algériens qui suivaient avec les pays africains la voie de la démagogie, de la propagande  et de la manipulation en proposant des investissements sous forme de coquilles vides proposées pour soudoyer des âmes corrompues et les faire adhérer à leur thèse expansionniste infondée qui vise à mettre la main sur une partie intégrante de notre royaume chérifien dont le retour à l’Union Africaine a mis le Polisario et avec lui sa protectrice algérienne dans une position défensive inconfortable qui a montré son vrai visage d’intolérance et d’inhospitalité inhumaine quand elle a, d’abord, expulsé sans aucun ménagement les immigrés africains et puis lorsqu’elle a refoulé, sans aucune considération de leur état pitoyable, les réfugiés syriens vers nos frontières qui les ont accueillis les bars ouverts. Et, le comble du pathétique, c’est quand un responsable algérien, par désespoir, agresse outrageusement un diplomate marocain lors de la Tokyo International Conference on African Development (TICAD) qui s’est déroulée à Maputo en Mozambique.

Et, c’est tout à fait naturel : quand les bons arguments manquent, qu’est ce qui reste sinon la violence? L’arme suprême d’un régime militaire oppresseur et tyrannique. Ah! S’ils savaient les deux millions de martyrs ce que vivent leurs enfants et petits-enfants? Ils ne se seraient pas sacrifiés pour rien et ils auraient, certainement, préféré la botte des légionnaires français à celle de leurs compatriotes algériens car le coup n’est vraiment douloureux et pénible que quand il vient d’un membre de la famille. Mais, c’est l’ironie de l’Histoire : les patriotes libérateurs meurent par amour de leur mère patrie et les opportunistes égoïstes en profitent par amour de soi-même. La vie n’est-elle pas tragiquement injuste? Qu’en dites-vous, chers lecteurs?

rachid zine

Rachid Zidine

Professeur et Chroniqueur

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