La réussite fulgurante d’un jeune entrepreneur Marocain en Belgique

Rachid Azaoum
©DR

Il est un bel exemple de réussite dans le monde des affaires à Bruxelles. Parti de presque rien, muni de sa seule pugnacité, de son envie de réussir, de se prendre en main, le belgo-marocain Rachid Azaoum creuse petit à petit son sillon.

Sa réussite, il la doit surtout à son état d’esprit, à sa devise dans la vie : travail, persévérance et optimisme. Et le temps lui a donné raison. En fait, peu auraient parié qu’un jeune stagiaire dans une célèbre chaine de restauration rapide parviendrait à devenir, quelques années plus tard, le patron de plusieurs restaurants franchisés de la même enseigne.

Mais, pour Rachid Azaoum, tout est question de travail, de volonté de s’en sortir.‘’J’ai toujours voulu lancer ma boite, être mon propre patron’’, lance ce quadra, visiblement bien dans son costume de chef d’entreprise.

Natif du village de Tamsamane, dans la région d’Al Hoceima, il a débarqué en Belgique à l’âge de 7 ans. Après des études de marketing, puis de management de qualité, il a décroché un job d’étudiant dans la même enseigne qu’il représente aujourd’hui. Rapidement remarqué, il est engagé tout de suite. Il travaille alors à la fois sur le terrain qu’au sein du siège de l’entreprise, à Anvers et Paris. Sans pour autant faire un trait sur son rêve, celui de monter son propre entreprise.

Après un premier restaurant en 2004, il fructifie ses affaires et enchaine avec trois autres. En 2008, il franchit un nouveau palier, en diversifiant son portefeuille d’activités et se lance dans le secteur du bricolage, très en vogue en Belgique. Et à l’entendre, il ne compte point s’arrêter en si bon chemin.

Membre, depuis 2010, du Conseil d’administration de la Chambre de Commerce de Bruxelles (BECI), il focalise son action auprès des politiques sur l’encouragement des études, gage, selon lui, de toute réussite. Et c’est d’ailleurs le message qu’il tente de faire passer aux parents d’immigrés: ‘’Je conseille aux parents d’investir dans la formation de leurs enfants’’.

Lui aussi issu de la diversité, Rachid Azaoum, le sens du partage dans les veines, s’active dans plusieurs associations, notamment pour aider les jeunes à lancer leur entreprise. ‘’C’est important de partager mon expérience et d’avoir un rôle social. Je dis toujours aux jeunes d’origine étrangère que je rencontre qu’ils doivent aller au bout de leurs études et de leurs objectifs, qu’ils ne doivent pas s’arrêter aux premiers obstacles. Ils doivent se donner les moyens de réussir et ne pas se considérer comme des victimes’’.

Car, à ses yeux, la double culture permet d’avoir une ouverture d’esprit vis-à-vis de toutes les communautés. C’est ‘’une richesse exceptionnelle’’, assure le jeune entrepreneur, qui se dit confiant en l’avenir malgré un climat général peu enthousiaste.

Quand il ne s’occupe pas de ses affaires ou ne participe pas aux projets et salons axés sur la valorisation des jeunes talents, Rachid Azaoum est sur les terrains de sport. Généreux mécène, il soutient un millier de jeunes à pratiquer leur sport favori via le sponsoring de trois clubs de football bruxellois.

Derrière cette action, il dit vouloir promouvoir les valeurs de entrepreneuriat, de la rigueur, de la ponctualité, du travail en équipe, du partage. Ce sont ces mêmes valeurs que Rachid met en avant comme solution au phénomène de radicalisation des jeunes en Europe.

“Je conseille à tous les jeunes d’avoir une attitude citoyenne, de s’investir dans les études et dans le travail et surtout de s’instruire et de bien connaitre leur religion”, lance-t-il. Au Maroc, son pays natal et celui de ses racines auquel Rachid voue une fierté inébranlable, il participe bien souvent à des actions caritatives, notamment dans le domaine de la scolarisation des jeunes issus de milieux défavorisés.

Rachid Azaoum veut également inscrire son action dans l’engagement en faveur du rayonnement de son pays. Avec une centaine de ses compatriotes venus des cinq continents qu’il a rencontrés lors de la dernière fête du Trône au Maroc, il a créé une association de jeunes cadres issus de l’immigration en vue de contribuer à promouvoir les valeurs de la société marocaine et donner la meilleure image du Maroc et des Marocains à l’étranger. Samedi dernier, il les a réunis à Bruxelles pour créer le bureau constitutif de l’association et définir ses objectifs et ses actions à venir.

Avec ce parcours riche et diversifié, quand on lui dit qu’il a bien réussi, il préfère relativiser. Car, très attaché qu’il est aux valeurs de la famille, l’essentiel, selon lui, est ailleurs.

‘’Pour moi, la réussite, ce n’est pas d’avoir gravi les échelons d’une entreprises puis devenir chef d’entreprise, mais d’avoir construit un bon équilibre entre mon travail et ma vie privée et de me sentir heureux avec les miens, quelle que soit la position sociale’’.

Morad Khanchouli

Journaliste à la MAP

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