Le suicide d’un enfant

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Le 26 septembre dernier, un enfant d’une dizaine d’années s’est donné la mort dans la région d’Azrou. Les raisons entourant le suicide de ce petit garçon, qui s’est pendu à l’aide d’un fil électrique, restent à clarifier.

Plusieurs sources affirment que privé de fournitures scolaires l’enfant a mis fin à ses jours, une version des faits que le père dément et que d’autres érigent en symbole d’échec gouvernemental en matière d’éducation. L’affaire qui est avant tout un drame humain est devenue politique, et le fond du débat a laissé place à la polémique.

Il n’est pas nécessaire d’illustrer l’impasse à laquelle est confrontée notre éducation nationale par un suicide d’enfant pour en mesurer l’ampleur ou pour s’en indigner. Le secteur de l’éducation souffre depuis de nombreuses décennies de plaies pour la plupart très critiques. Certaines s’aggravent et créent de nouveaux maux, d’autres sont sur le long chemin de la guérison. L’affaire à laquelle nous faisons face est tout aussi consternante que celle de la panne du système éducatif marocain.

Notre affaire est celle d’un enfant qui n’a eu d’autres recours devant son désespoir, quelle qu’en soit sa cause, que le suicide. Celle d’un petit garçon dont la misère psychologique l’a poussé vers un abîme sans issue.

Que nous renvoie cette image de notre société et de sa santé mentale ? Que nous dit-elle de notre jeunesse et de son mal-être ? Que peut-on apprendre en tant que Nation de cet évènement tragique ? Peut-être est-ce là que nous devons concentrer nos efforts plutôt que d’essayer de désigner des coupables à un acte qui est un cri du cœur que l’on ne pouvait entendre.

Ceci pourrait devenir pour l’opinion publique un énième fait divers qui s’oubliera au bout de quelques jours, quelques semaines mais ne fermons pas les yeux sur ce qu’il pointe du doigt de plus alarmant.

Notre jeunesse souffre, est en manque d’idéal, est perdue, elle appelle au secours au quotidien sous différentes formes et la société peine à lui venir en aide. Le changement que nous promettent les différents partis engagés dans la campagne électorale doit commencer là.

Yousra Jarni

Yousra Jarni

Consultante digitale

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