Les enjeux de la disparition des abeilles

disparition abeille
©DR

Ces dernières années ont été meurtrières pour des milliers d’abeilles à travers le monde, allant jusqu’à une disparition totale sur certaines zones de la planète. Pourtant, depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992, la protection de la biodiversité est une question majeure en droit de l’Environnement. L’intérêt que porte les Etats à cette disparition d’abeilles n’est que trop récente pour endiguer rapidement ce phénomène. Les enjeux de la COP22 sont donc primordiaux concernant la protection des abeilles, qui n’a pas obtenu toute l’attention qu’elle méritait lors de la COP21.

Même si certains remettent en cause la célèbre citation attribuée à Einstein, affirmant que « si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’Homme n’aurait plus que quatre années à vivre », il n’empêche qu’elle résume au mieux l’importance des abeilles pour l’Homme et l’environnement. Cette disparition massive des abeilles est très préoccupante en raison de l’importance écologique de l’abeille en tant que pollinisatrice.

Depuis dix à quinze ans, les apiculteurs font état d’un affaiblissement inhabituel des populations d’abeilles et des pertes de colonies, ceci à travers le monde. Les pays de l’Europe occidentale sont particulièrement touchés. En France, près de 30 % des colonies d’abeilles disparaissent chaque année.

Même si les causes de leurs disparitions sont multiples, la cause la plus incriminée reste aujourd’hui l’utilisation des pesticides néonicotinoïdes, qui d’après de nombreuses études scientifiques, dont la dernière en date publiée en août 2016 par la revue britannique Nature Communications, contribue en majeure partie à la destruction de cette espèce.

Même si les pays développés commencent à prendre certaines mesures, leur utilisation tend tout de même à se développer dans le reste du monde comme en Asie, en Océanie, en Amérique latine ou encore en Afrique. Même si certains pensent que le continent africain est le moins concerné par ce phénomène à cause des prix élevés des insecticides, les apiculteurs tirent pourtant la sonnette d’alarme. En effet, des apiculteurs affirment avoir perdu plus de 90% de leur récolte en 2014 dû à l’utilisation de produits néonicotinoïdes par les agriculteurs voisins.

Compte tenu de l’importance écologique et économique de l’abeille, sa protection au niveau local, national et international est primordiale. En plus d’engendrer une perte économique de grande envergure, la perte des abeilles risque de créer un trouble sans précédent à l’écosystème tout entier.

L’application des Principes protecteurs du droit de l’Environnement semble donc indispensable compte tenu de la situation actuelle. La question du déclin des abeilles doit donc être considérée comme une question actuelle à laquelle aucune solution pertinente n’a encore été trouvée.

Et c’est pour cette raison que l’implication de la société civile dans la lutte pour la protection des abeilles est indispensable. La médiatisation de la disparition de cette espèce doit donc continuer à sensibiliser le public, qui agit directement sur les Gouvernements. Ce soutien est d’autant plus indispensable que des groupes de lobbying mettent la pression aux différents Gouvernements à travers le monde pour leurs intérêts économiques. Le droit de l’Environnement étant un droit citoyen, a donc besoin de la société civile pour se construire et avancer efficacement.

De ce fait, au-delà d’une simple question de droit, la disparition des abeilles engendre des questions économiques, sociales et politiques, ce qui devrait faire de ce phénomène une question prioritaire pour les Etats.

Quoiqu’il en soit, l’avenir certain du droit de l’Environnement doit protéger l’avenir incertain des abeilles !

Nabila KOUTI

Juriste

Suggestions d’articles