Trafic autoroutier : aux embouteillages monstres, des infrastructures de nouvelles générations

autoroutes Maroc

Comme chaque été et périodes de fêtes, les clients-usagers des Autoroutes du Maroc (ADM) doivent prendre leur mal en patience pour arriver à leurs destinations. En effet, dans un communiqué du jeudi 31 août, l’ADM recommande à ses clients-usagers «d’organiser au préalable leurs voyages et les remercie pour leur patience». Si l’organisation par les clients-usagers est souhaitable, les infrastructures et la gestion de l’ADM ne sont-elles pas interpellées. Décryptage en deux points.

S’il est connu que le nombre de véhicules mis en circulation est en accroissement, vu qu’ils offrent plus d’autonomie comparativement aux autres moyens de transport inaccessibles (train) ou excessivement chers (avion), il est toutefois temps que le seul concessionnaire des autoroutes au Maroc accélère la construction et la mise à niveau des infrastructures et du système de péage.

Un tronçon autoroutier continental pour décongestionner le trafic sur l’axe Rabat-Casablanca

Tronçon de liaison à la métropole économique, mais aussi, nœud de raccordement aux autoroutes vers le Nord (A1) et l’Est du Maroc (A2, A9), la section «autoroutière» traversant Bouskoura est dense toute l’année, et congestionnée en période d’été et fêtes. Pour preuve, un bouchon de circulation s’est formé ces derniers jours sur une vingtaine de kilomètres.

Dès lors, l’accélération de la construction de l’axe autoroutier en diagonale liant Oujda-Fes-BeniMellal-Marrakech s’impose. Continuer à faire converger un trafic autoroutier du Nord et l’Est du Maroc via Casablanca revient à congestionner le réseau sur des tronçons de plus en plus longs.

Par ailleurs, il convient de souligner l’urgence de la réalisation de l’autoroute continentale Rabat-Casablanca sur 60 km prévu dans le Schéma Directeur Autoroutier à l’horizon 2030.

Un système de péage à la hauteur du flux du trafic

Si le réseau autoroutier national est payant, en revanche il ne doit en aucun cas être une source d’inconfort et de congestion. Disposant d’une cinquantaine de stations de péages dont certaines figurent comme les pires points d’engorgement (Bouznika, Tit Mellil, Mohammedia, Casablanca, Berrechid,  Sidi Allal Bahraoui), le concessionnaire (ADM) a tout intérêt à moderniser le système de péage (portiques électroniques à la place des barrières de péages) et d’opter pour de nouvelles formes de paiement (électronique, …) afin de fluidifier le trafic sur les sorties d’autoroutes et d’assurer un plus haut niveau de sécurité aux utilisateurs.

N’est-il pas inscrit que l’une des missions de l’ADM est ‘’la satisfaction client par le développement de services innovant pour garantir leur sécurité, leur confort et leur faciliter leur trajet’’?

Mostafa KHEIREDDINE

Mostafa KHEIREDDINE

Urbaniste, Université de Montréal - Chercheur en sciences de la ville

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